Entre chien et loon

11 février 2007

deux visions de la beauté

autrefois_a_MKRF

loon_lake_noir_et_blanc

grole_de_luxe_palais_royal   grole_jaune_de_luxe

The end !

If you have read until the end, you are really brave ! I just hope nothing that I wrote has been misunderstood... I have spent wonderfull time in BC and I wish I could come back one day...

Don't forget that you are welcome in France. Both of us, Claire and I, would be happy to see you again.

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03 février 2007

Un semaine pas ordinaire : le poisson pilote

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Si je me débrouille bien, je peux me faire nourrir à l’œil toute la semaine. Il suffit de bien caler ses conférences de presse et si possible choisir celles données par de grosses boites pleines de fric. Exemple Vilmorin (semencier), Prolea (filière des oléagineux français) l’Onidol (interprofession des oléagneux, ouai les oléagineux c’est important) et j’en passe. Le soir, la confédération paysanne qui se bat pour défendre le pinard français contre les législations de l’UE, c’est pas mal : vins diverses et variés, pâtés de canard, fromages de chèvres goûteux et chansons paillardes vous y attendent. Et pour la classe, la conf’ de Nicolas Hulot où il annonce à un public de journalistes blasés (et au Palais de la Découverte, excusez du peu) qu’il ne se présentera pas aux présidentielles : ça c’est pour frimer, pour dire que j’ai vu quelqu’un de médiatique en chair et en poils (moins impressionnant qu’un ours). D’ailleurs c’est pire qu’à l’Ensat : je me suis agrippée à mon stylo comme une folle pendant toute la durée de la conférence pour ne rien louper de son discours, et résultat ils le distribuent en version papier à la fin ! Z’auraient pu prévenir !

fleuriste

    

grille_Palais_Royale

 

les_pigeons

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tuileries

platane

pompes_chic

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Suite et fin de mes tribulations canadiennes

Voici un peu plus de deux semaines que je suis à Paris, que j’essaie de m’adapter à une nouvelle vie dont le rythme tranche radicalement avec ce que j’ai pu connaître au Canada.

De ma chambre du Kremlin Bicêtre, de l’autre côté du périphérique au sud de Paris, j’ai vu sur une toute autre forêt : un espace nu, colonisé par les tombes du cimetière du Kremlin… Mais je ne me plains pas, ce sont des voisins peu bruyants, et à Paris, le silence est d’or, plus que nul part ailleurs.

A peine descendue d’avion je m’étais fait la réflexion que les français sont des braillards… et ces deux dernières semaines ne sont pas venues me contredire. Les gens braillent, râlent, s’agacent de ne pas pouvoir avancer dans le métro, trépignent de devoir piétiner et fustigent le monde entier pour avoir à faire une fois de plus la queue… Il faut dire que je ne connais pas grand-chose de moins agréable que le métro parisien aux heures de pointe !

Lorsque je pars un peu plus tôt le matin, exprès pour pouvoir avoir l’once d’un espoir d’avoir un siège entre Châtelet et Palais royale (avant c’est de l’ordre de l’utopie), la vie est comme engourdie. Chacun semble lutter contre ses membres récalcitrants pour mettre un pied devant l’autre et s’arracher au monde des songes et à l’appel du lit trop durement quitté. Un couloir, un tourniquet, un autre couloir, et les escaliers qui mènent au quai.

Il faut garder un peu de son énergie pour pouvoir franchir ce dernier obstacle avant de s’attaquer au bain de foule et d’eaux de Cologne quotidien. Il m’est arrivé de me dire, perdue au milieu des marches, que merde, j’allais faire demi tour et me recoucher, c’était trop dur. Peut-être est-ce moi qui projette mes sensations sur les autres, mais les escaliers semblent interminables autant pour mes contemporains que pour moi-même. Les jambes, lourdes, peinent à franchir les 20 centimètres de dénivelé qui séparent une marche d’une autre. Chaque marche est un combat. J’ai l’impression d’être au beau milieu d’une course d’escargots.

Je pense alors aux matins où j’ai franchi à pied le petit kilomètre qui me séparait de la Marc house et de l’office. Je n’aimais pas traverser la forêt dense de conifères, sauf lorsqu’elle était recouverte de neige parce que ça la rendait plus lumineuse et moins effrayante. Et pourtant je regrette maintenant cette verdure, que je troquerais bien contre la moiteur étouffante de mon wagon de métro matinale, lorsque je m’agrippe timidement à un coin graisseux de la rampe.

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Sortie du métro j’émerge au milieu de la place du Palais Royale, au pied du Louvre, que je traverse d’un pas vif et alerte (parce que j’ai froid), je longe le ministère de la culture dans son écrin de dentelle d’acier, traverse la galerie piétonne Vero Dodat avec ses carreaux de marbres noir et blanc au sol, et je déboule fraîche et dispose dans la rue Jean Jacques Rousseau. Forcément, j’y ai repéré une bonne boulangerie, un petit resto marocain pas trop cher on les tagines d’agneau sont succulentes, et un bar hors de prix ou je me suis fait rackettés 4,50 € pour boire un sachet de thé dans de l’eau chaude, servi dans une théière moche. Escrocs. Je regrette le bon vieux Tim !

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Vendredi 15 Décembre : Un gâteau à notre nom

Les adieux avec Ionut et Jane se sont déroulés autour d’un beau et bon gâteau avec notre nom écrit au sirop de fraise !

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Il faisait beau, comme pour nous faire regretter de quitter ce pays. Mais je n’aime pas les adieux, c’est toujours triste. Nous avons bien évidemment racheté un magasine pourri pour le voyage ("In touch", rien que le nom est alléchant), goûté un « poutine » à Montréal (c‘est immonde : frites avec du jus de viande et de la mozarella). Et puis nous avons foulé avec bonheur, de longues heures pus tard, la surface rugueuse du bitume français.

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Jeudi 14 Décembre : la légende de Tim Hortons

Voici les quelques articles qui moisissaient dans un dossier de mon ordinateur, un peu retapés…

La légende du géant canadien nous a été révélée par notre voisin -le mari de Wendy dont on ne connaît toujours pas le prénom et que, par commodité de dénomination et parce qu’il est très fréquemment torse nu, nous appellerons le demi poilu- alors que nous étions assis dans leur salon pour leur faire nos adieux solennels.

Tim Hortons était un joueur de Hockey vivant dans l’Ontario qui connu son heure de gloire dans les années 50 au sein de

la Maple Leave

League, l’équipe de Toronto - maillot numéro sept précise le demi-poilu par soucis de précision et pour attester de sa bonne foi. Mais ce monsieur la, outre sa passion pour la crosse et la rondelle, a créé un fast food qui se targuait de vendre deux éléments complémentaires et savoureux : du bon café frais et des beignets à toute heure du jour et de la nuit. Un café perpétuellement frais et disponible illico, voila le secret de Tim. Et il fit fortune ainsi, construisant plusieurs magasins du même nom. Le demi poilu lui, a eu la chance de connaître le tout premier magasin de Tim Hortons. Mais la fable se termine mal pour Tim (qui entre temps s’est associé à Ron Joyce mais bon pour les faits historiques autant que vous alliez sur Wikipedia), qui mourra dans un accident de voiture en 1973 alors qu’il avait, heu, qu’il n’était pas très vieux, et qu’il possédait une quarantaine de magasins. Mais l’entreprise n’en a pas perdu de prestige pour autant, au contraire, elle a continué à étirer ses tentacules sur tout le canada et même un peu aux Etats-Unis (en mars 2006 y a même un Tim hortons qui a été construit a Kandahar en Afghanistan pour les soldats canadiens…)

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15 décembre 2006

Lundi 11 Décembre : « la mort aux trousses » ou comment courir comme un lapin pour sauver sa peau

Une journée qui s’est finalement avérée riche en émotions, émotions dont on se serrait volontiers passées mais qui alimenteront nos anecdotes de voyage pendant longtemps !

Nous avons débuté la journée par déposer Marc et Sylvia à la gare de Maple Meadow afin qu’ils prennent le train pendulaire qui devaient les ramener à Vancouver, après qu’ils aient passé le week-end avec nous à la marc house. Adrien, qui avait choisi de passer une journée de plus au vert,  continuait de pioncer chez nous.

Puis nous sommes retournées à l’office jusqu’à ce que vers 10 heures du matin un petit homme joufflu, souriant et moustachu, un étudiant-chercheur roumain installé en BC depuis six ans, vienne changer le cours de notre vie. Ou du moins de notre semaine.

Il avait besoin d’aide pour mesurer la taille et le diamètre des arbres pour l’un des plus vieux projets de recherche de la forêt (débuté en 1959 je crois). Comme nous sommes bonnes, serviables et stagiaires, nous enfilons nos pantalons de pluie et suivons ce monsieur, toujours aussi souriant et débonnaire, armés d’un mètre-qui-mesure-le-diamètre et d’un laser (le laser c’est pour mesurer la hauteur des arbres).

La journée se déroule alors froidement et humidement, j’ai rapidement les pieds trempés malgré mes trois paires de chaussettes et mes boots, mais finalement, en dépit d’avoir à répéter 147 fois le même geste -sur 147 arbres différents me direz vous- cela passe plutôt vite. Le chercheur parle tout le temps, parfois à lui-même j’ai l’impression, en répétant sans cesse « what the hell is this crappy fucking things… », ce qui est tout de même très distrayant.

A deux heures et demie nous faisions une pose pour déjeuner lorsque le vent a commencé à se lever. Néanmoins le chercheur a décidé d’entamer un nouveau plot, de densité beaucoup plus élevée.

La, je fais un aparté : le but du projet est d’étudier l’influence de la densité de plantation sur la qualité du bois. Comme dit ce roumain expatrié, les conifères –même le douglas fir- c’est quand même un bois de basse qualité et le marché canadien est peu à peu investi par la concurrence du bois d’Amérique latine ou d’Asie, sans parler de l’exportation où la ils se font carrément laminer par ces mêmes concurrents. D’où le but d’essayer d’améliorer le produit.

Donc, dans ce nouveau plot, les arbres, très serrés les uns aux autres, sont très hauts (pour attraper le plus de rayons de soleil possibles) et très fins. Ceux-ci se balançaient alors de façon assez inquiétante du haut de leurs

40 mètres

, sous les bourrasques de vents qui ne cessaient de croître en vigueur. Nous avons néanmoins poursuivi notre travail, et, c’est lorsque nous étions occupées à essayer de comprendre la stratégie de numérotation des arbres du plot, que d’inquiétants craquements se sont faits entendre dans la forêt. Claire et moi étions au milieu du plot pendant que le chercheur attendait sur la route pour prendre la hauteur des arbres que nous lui désignerions (cela nécessite du recul). Nous avons levé le nez et guetté d’un oeil inquiet le balancement des arbres. Je  ne parvenais pas à déterminer un sens à leur tangage et commençait à me demander lequel d’entre eux tomberait en premier et surtout dans quelle direction… Soudain nous vîmes avec terreur trois arbres d’une même rangée, disposés à une cinquantaine de mètres de nous, commencer à tomber dans un grand craquement dans notre direction… J’ai sentie la panique m’envahir et je crois bien que j’ai appelé Claire au moins quatre fois avant de me mettre à courir comme une dératée sur ses traces, alors que deux autres arbres sur la même rangée que les précédents et encore plus proches de nous s’abattaient à leur tour. Une pensée nous vînt toutes deux à l’esprit : jusqu’où la rangée va-t-elle se déraciner dans notre direction, alors que nous ne pouvions fuir que parallèlement à celle-ci, la fuite vers l’ouest nous étant bloquée par un nids de Devils club géants. Or, devant nous se dressait un enchevêtrement de troncs brisés qui nous barraient cette fois ci la retraite vers le sud, sachant que les arbres étaient à notre gauche (à l’est) et tombaient vers nous, un par un comme des mouches. Effrayées par la pensée de ne pas courir assez vite devant la chute des arbres, nous nous sommes alors jetées sous les branchages et je crois bien que je me suis dit « c’est con de finir écrasée par un arbre à cinq jours du retour… ».

Mais non, les autres arbres ont tenus bons, Claire s’est relevée et m’a appelée « Claire tu es toujours la ? » et entraînée vers le truck où nous sommes parvenues saines et sauves… Et tremblantes de la tête aux pieds. Ah mes aïeux que d’émotions ! Sérieusement nous avons eu la peur de notre vie je crois, et le chercheur qui observait la scène impuissant depuis la route a du avoir la trouille aussi parce que nous sommes rentrés directement à l’office.

La Ionut

nous a rassuré que demain on nous prêterait un « hard hat » au cas où… Réflexion qui a suscité une remarque pertinente de la part de Darren : «  un chapeau en plastique contre un arbre de

40 mètres

, ça ne sert pas à grand-chose »…

Bref, me voila au chaud de retour à la marc house, Adrien ronfle sur le canapé, Claire s’est exilée dans sa chambre, et moi je croise les doigts pour que l’on ait de l’électricité ce soir…

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12 décembre 2006

Vendredi 8 Décembre : conciliabule

La fin du voyage est imminente, on n’a toujours pas trouvé d’acheteur pour notre voiture, le compte à rebours devient stressant. Conciliabule toute la matinée avec Darren et Dave, puis avec Ionut et enfin un étudiant chercheur qui travaille avec lui est venu apporter également son avis sur la question. La problématique étant « peut-on être malhonnête pour sauver son portefeuille  à une semaine du départ? », ou encore « la fin justifie-t-elle les moyens ?» ou plutôt « peut-on passer sous silence la légère fuite d’eau dans la voiture pour parvenir à la vendre fissa fissa avant de s’enfuir en volant après avoir commis ce terrible forfait en espérant atteindre notre terre natale protectrice avant d’avoir un bataillon de canadiens en furie aux fesses ? ».  Selon Darren et le chercheur, on s’en fiche, un coup de séchoir à l’intérieur et elle est comme neuve ! boaâf, moi je lui donnerais plutôt raison. Ou alors on met « décapotable » sur l’annonce, comme ça les gens sauront qu’il ne faut l’utiliser que lorsqu’il fait beau. Moulte possibilités en fin de compte.

Il est temps maintenant de dresser un bilan rapide et confus comme ça à chaud, de notre voyage et de ce pays (enfin, de cette province). Résumer un voyage ce n’est déjà pas une tache aisée mais résumer un pays c’est encore pire, donc je vais me contenter de jeter mes impressions en vrac…

Pour moi

la Colombie Britannique

demeure un monde jeune et vierge que les hommes ont à peine commencé à domestiquer depuis seulement trois générations, un monde aux étendues vertes infinies entrecoupées par endroits de canyons infranchissables. Le port de Bella Coola, frêle communauté perdue au milieu des fyords à mi chemin entre l’Alaska et Seatle, reste le plus beau souvenir pour moi, et l’endroit qui m’a le plus révélé ce sentiment de terres inaccessibles, hostiles, et splendides à la fois.

A travers toute la province les maisons m’ont semblées bien frêles entourées d’une nature sauvage et d’un environnement parfois hostile (hurricanes et inondations sur la côte, neige et gel dans l’intérieur et le nord de la province).

Pourtant Dame Nature semble être  vénérée par beaucoup de canadiens : les parcs nationaux sont des lieux de prédilection et de vacances pour beaucoup d’entre eux, les sports de plein air particulièrement appréciés et Green Peace est née à Vancouver (ce n’est pas vraiment un argument mais plutôt une anecdote révélatrice). Et au passage Vancouver est la ville où j’ai vu le plus de restaurants végétariens de ma vie !

Ceci dit, cela n’empêche pas les canadiens de profiter à outrance, comme dans tous les pays riches, des bienfaits du progrès.

Deux industries fleurissent particulièrement dans toute la province : les magasins de pneus et les locations de DVD et jeux vidéo. Incontestablement, même dans les coins les plus reculés ces deux ingrédients indispensables à la survie du canadien sont présents.

Enfin, c’est une région cosmopolite et ouverte sur le monde, terre d’asile pour encore beaucoup d’étrangers (principalement asiatiques, mais aussi sud américains), dont les habitants sont incontestablement très accueillants, beaucoup plus que dans les campagnes reculées de notre France profonde à mon humble avis. Je pense que c’est une région où il peut faire bon vivre, ou les gens sont plus calmes et tolérants que dans notre vielle Europe surpeuplée, mais à condition de ne pas souffrir du manque (cruel) de cachet du à l’histoire très récente de la colonisation de cette province.

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07 décembre 2006

Mardi 5 Décembre: Gerd et l’Arbre de Noel

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Ce jour la, après le travail (vous pouvez pas vous imaginer à quel point ça me fait mal d’utiliser ce mot pour décrire nos journées, mais enfin…) nous avons été invitées par Jane et Cheryl à rester avec elles pour décorer le sapin de Noël que Darren avait installé à grand renforts de jurons. Gerd, l’une de nos collègues qui sort tout juste de congé maladie, tiens visiblement énormément à la fête de Noël, et cette ferveur se témoigne avant tout dans la décoration. Normalement chaque année elle se colle à la tâche et cette fois encore, elle est apparue vers 5h00 pour nous aider en dépit de sa convalescence. Il faut comprendre que Gerd aime le surchargé, le fourni, le clinquant, le rose à paillettes et les strass. Le LOURD. Pas de chichi, elle achète de nouvelles déco chaque année alors elle a légué trois cartons de guirlandes, boules et objets divers pour la décoration de l’office. Elle portait d’ailleurs des boucles d’oreilles en forme de cloches dorées pour marquer l’occasion et une veste rouge et blanche.

Nous avions, Claire et moi, la responsabilité de décorer le sapin, un beau douglas fir fourni et taillé en cône presque parfait (pas issu de la forêt mais d’une pépinière locale) car Jane et Cheryl ne voulaient pas porter une telle responsabilité de peur de décevoir Gerd (alors que nous on s’en f..). Nous disposions d’un sapin magnifique et d’une montagne de déco kitch… Le résultat : un sapin kitch, enfoui sous trois tonnes de guirlandes vertes, bleues et roses, masquées elles mêmes par des cheveux d’ange argentés en surnombre (la petite fille de Darren qui est venue se joindre à nous avec sa mère et son frère, s’est un peu lâchée…).

Pour Gerd, un beau sapin de Noël, c’est un sapin qui n’a plus une aiguille à l’air. Même si ce n’était pas un beau sapin à mes yeux, elle avait l’air plutôt satisfaite, c’est l’essentiel.

C’était aussi l’occasion de boire des bières et manger des pizzas, visiblement une tradition également rapportée par Gerd et seulement ouverte pour les filles. On a appris comme ça en passant que Jane en pinçait pour un p’tit jeune de l’équipe de tournage de Alien versus Prédator, et Gerd nous a fait beaucoup rire avec ses souvenirs de sa vie à la marc house, alors mère célibataire avec 5 gosses. La guerre du Vietnam à côté c’était de la gnognotte. Bref, une soirée plutôt sympathique, grâce, il faut le dire, à la bonne humeur et l’entrain de Gerd (et aussi à son mauvais goût très amusant).

devant_le_sapin

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The spirit of the Marc house

De Maple Ridge, le souvenir qui me restera le plus sera je pense cette cabane branlante toute frêle sous les grands sapins : la marc house, notre tanière, notre toit et notre prison… Casanova lui-même disait que « pour que le plus délicieux endroit du monde déplaise il suffit qu’on soit condamné à y habiter ». Il n’avait pas entièrement faux cet homme la (on en sait quelque chose) mais je suis sure aussi qu’elle va me manquer un peu ma prison en partant. Bon OK, je ne dirais pas que je la regretterai à jamais, mais finalement elle est attachante -lorsqu’il y a de l’électricité s’entend.

Cette maison a finalement beaucoup d’histoire et a vu passer un bon nombre d’étudiants et de chercheurs dont seul le guest book peut encore parler, témoin immuable des frasques de cette maison !

Il suffit de se rappeler les conserves de bébés palourdes entières ou les consommés chinois en poudre des placards de la cuisine, les altères qui gisent toujours dans la table basse du salon, le fauteuil à bascule si merveilleusement confortable et immonde à la fois, sans oublier les livres, pour comprendre à quel point ce lieu est cosmopolite …

Je me demande un peu à quoi croyait la personne qui a laissé des livres tels que « Vanishings and Disappearances » ou encore « We are not the firsts ». Le premier est un inventaire plus ou moins exhaustif et plus ou moins imaginaire (selon votre degré de croyance à ces phénomènes) des trous de mémoires passagers, et surtout des raisons de ces pertes de mémoires momentanées. Ainsi, deux jeunes femmes américaines auraient eu à faire à des extra terrestres débarqués en soucoupe volante pendant la nuit pour étudier le corps humain (pas de pot, c’est tombé sur elles), et auraient effacé la mémoire des jeunes femmes une fois leur étude accomplie. Heureusement, grâce à l’hypnose, l’une d’entre elle a pu témoigner…

Le second n’est pas mal non plus : c’est une sorte de recueil de « nouvelles » (sans vraiment en être au sens littéraire) dont le fil conducteur est l’idée que notre savoir scientifique n’est pas issu de nos progrès mais de l’héritage d’un savoir déjà acquis par d’autres humains beaucoup plus « développés », nous ayant précédés dans l’Histoire… Pour appuyer sa thèse, l’auteur utilise parfois des faits historiques mais aussi des données floues et parfois légendaires du genre « selon un vieux document trouvé dans la bibliothèque d’Alexandrie » ou bien d’autres choses encore plus floues.

Un dessin au crayon de la façade de la maison est affiché sur le mur du salon et l’on peut se demander de qui est la décoration immonde des murs (du genre posters « hiboux magasine » pour ceux qui y étaient abonnés petits, moi ma chambre était tapissée de photos de phoques et de pingouins jusqu'à l’âge de 15 ans. ‘ . OK y en a encore… je suis sentimentale… Noémie, pas de réflexion désobligeante, merci.)

Enfin il nous faut composer avec

la NATURE. Quand

je comparais la maison à l’arche de Noé je n’étais pas si loin de la vérité : un écureuil dans le grenier, un Animal Non Identifié dans le placard de la buanderie qui gratte bruyamment, un ours en peluche qui fait peur dans cette même buanderie, une autre Claire (de loin l’animal le plus effrayant !) et, les locataires les plus largement représentés, les mulots, enfin du moins les petits mammifère rongeurs. C’est une cohabitation parfois difficile à supporter… Pas plus tard que dimanche soir, alors que nous venions de nous absenter deux jours, les petites bêtes avaient repris leurs aises et l’une d’entre elles a été suffisamment gonflée pour se loger dans l’armoire de la chambre de Claire. Il a fallu que je mette la main à la pâte à minuit et demi pour tirer la bête de son antre, à grand coup de pot de yaourt vide (sensé capturer l’animal grâce à mon adresse sans pareil) et de cris suraigus (j’y peux rien c’est plus fort que moi, ça me donne du courage). La pauvre bête, qui avait eu la mauvaise idée de sortir de l’armoire en me filant entre les jambes, a eu les tympans brisés et s’est réfugiée derrière le canapé du salon ou elle coule des jours heureux en dépit de sa surdité. Bon comme toute collocation, le partage des lieux nécessite des compromis mais je veux dire, heu, la chambre c’est un espace personnel minimum quoi.

Heureusement que nous n’avons pas de cave parce que je suis sure qu’il y aurait eu un ours dedans. Quoi, le voisin ? Naaan, c’est pas pareil.

Enfin, d’ici 11 jours on ne pourra plus lire In Touch, magasine hautement intellectuel pouvant se comparer à Public, renversée dans le fauteuil du salon, retenant attentivement leurs conseils sur comment perdre

14 livres

en trois semaines ou les péripéties de Britney Spears… Ce qui me fait chaud au cœur c’est que nous allons contribuer nous aussi à l’enrichissement et à la diversification culturelle de la bibliothèque de la marc house en y laissant un numéro de Glamour et un autre de Public. J’hésite également à afficher sur un mur les paroles de « Ma solitude » de Georges Moustaki… histoire de laisser une référence culturelle franco française et une trace de notre passage pour encourager les suivants (y font ça dans les prisons, ils laissent un message écrit avec leur propre sang sur les murs de leur cellule, je l’ai souvent vu dans les films, mais ça ferait sale dans le salon).

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Samedi 2 Décembre : Les lumières de downtown et Joe Dassin, un cocktail raffiné !

La neige a commencé à fondre, nous autorisant une sortie bien méritée après ces deux dernières semaines de cloisonnement à l’intérieur de la marc house. Nous prenons donc la direction de Vancouver pour aller rejoindre Simon avec qui nous avions prévu de déjeuner. Nous arrivons avec une heure et quart de retard, Simon râle un peu pour le plaisir mais nous passons une agréable après midi, bien que le temps de cuisiner nous nous sommes mis a table à quatre heures.

Puis vers sept heures nous sommes reparties pour rejoindre Marc avec qui nous sommes allées écouter de la vieille chanson française (des années 50 à 70) dans un pub sur l’île de Granville, près du centre. La soirée était évidemment organisée par l’Alliance française.

Nous nous sommes laissés bercer par les paroles de Cloclo, Joe Dassin et Dalida, tout en admirant la vue sur les illuminations du centre ville qui se reflétaient dans le port de Granville island. Le pub en lui-même était plutôt chic, la population endémique fortement constituée de québécois et la bière hors de prix, mais quel bonheur de retrouver nos racines que diantre !

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